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Dominique Caron

Student Speaker | Étudiant.e
Le maintien de l’intégrité des écosystèmes passe par la protection des organismes vivants, mais également le réseau d’interactions reliant ceux-ci. Malheureusement, les données d’interactions entre espèces sont souvent rares, biaisées et hautement incertaines. Il est très difficile de documenter les interactions, et inventorier de façon exhaustive celles-ci relève de l’impossible. Pour pallier ce manque, il est possible d’utiliser les traits fonctionnels et l’histoire évolutive des espèces pour prédire ces interactions. Cependant, il est essentiel de connaître les limites et l’incertitude de ces prédictions. Durant cette présentation, j’introduis la méthodologie que j’ai utilisée pour reconstruire le réseau trophique de tous les vertébrés terrestres d’Europe et identifier les types d’interactions particulièrement difficiles à prédire. Ces résultats mettent en évidence les facteurs écologiques et évolutifs expliquant la majorité des interactions prédateurs-proies. Nous pouvons ainsi identifier les données essentielles permettant de prédire les réseaux trophiques de systèmes dont la quantité d’informations disponibles est particulièrement limitée. Combiné avec des modèles probabilistes sur la structure des réseaux trophiques et avec l’aide de nouvelles sources d’information (p. ex. l’opinion d’experts), il sera possible de prédire et de quantifier l’incertitude des interactions trophiques à des échelles rarement explorées auparavant. Les interactions écologiques influencent la stabilité et le fonctionnement des écosystèmes, et leur perte précède régulièrement l’extinction d’espèces. Ainsi, les avancées de mes travaux permettront ultimement une approche plus holistique et des mesures de conservation plus efficaces, même dans un contexte où la quantité de données est limitée, comme ici au Québec.